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PORTRAIT : Manon, Mathilde, Alexandra & Marion, ces sportives qui ont fait de leur passion leur métier !

C’est la journée mondiale du sport féminin ! A cette occasion, l'équipe de Sport Soluce est allée à la rencontre de 4 femmes qui ont fait de leur passion pour le sport leur métier.

Elles sont footballeuse, triathlète, joueuse de beach-volley, ou coach sportive et ont toutes une chose en commun : elles vivent de leur passion pour le sport ! Manon, Mathilde, Alexandra et Marion n’ont jamais lâché et représentent chacune à leur manière la persévérance, le courage et la volonté, nécessaire pour réussir à faire une carrière professionnelle.

Manon Uffren, footballeuse professionnelle

Aujourd’hui dans l’équipe féminine de football de Saint-Etienne, l’ASSE, Manon, 23 ans, a le football dans le sang. C’est à 5 ans, en jouant avec les garçons de sa famille, que la passion de la jeune femme pour le ballon rond, à l’époque petite fille, née. Ainsi, elle décide, elle aussi, de jouer en club.

“Pour moi, ça n’a jamais été un choix, j’ai toujours su que j’étais faite pour ça, confie la Stéphanoise. Avec déjà une jolie carrière derrière elle, Manon estime que ses plus belles victoires sont d’avoir rendu fière sa famille et d’avoir surmonté la difficile épreuve de rupture des ligaments croisés. Lorsqu’on lui demande qu’elles sont les inégalités entre hommes et femmes dans ce milieu réputé pour être très masculin, la footballeuse répond, à juste titre queles inégalités existent partout dans la société, avant d’ajouter quand même que “le foot féminin est déjà bien plus reconnu qu’il y a quelques années”.

Malgré tout, Manon a été victime de jugements et d’injustices en tant que femme. “Durant ma carrière, j’ai vécu beaucoup de déceptions, mais j’ai aussi appris que ce n’est pas parce qu’on se donne à fond pour obtenir ce qu’on attend, qu’on finit par avoir ce qu’on mérite”. A méditer.

Le conseil de Manon pour toutes les jeunes femmes qui souhaitent passer au niveau professionnel ?

"Évidemment, ne jamais baisser les bras. Les parcours sont toujours semés d’embûches. Les épreuves difficiles nous font d’autant plus apprécier la réussite. Il faut toujours sortir de sa zone de confort, travailler dur et surtout rester humble”.

Mathilde Gautier, triathlète professionnelle

Bien qu’elle pratiquait la natation depuis ses 8 ans, Mathilde a découvert le triathlon lorsqu’elle avait 16 ans. Elle voulait se mettre à l’athlétisme, et c’est une amie de natation qui lui a fait découvrir le triathlon, pratique sportive jusqu’alors inconnue de la jeune femme. “J’y ai vite pris goût !”. Aujourd’hui, Mathilde a 25 ans, et elle pratique toujours ce sport, mais sur le format des distances olympiques (800m de nage, 40km de vélo, et 10m de course à pied).

Je ne dirais pas que je suis une triathlète pro, puisque je n’arrive pas encore complètement à en vivre, mais ça viendra j’espère. En attendant, je travaille à côté pour m’assurer une stabilité financière à chaque fin de mois”. Malgré tout, après son baccalauréat, Mathilde a fait le choix de quitter le cocon familial, pour s’entraîner à 700km de là, au Pôle Espoirs de Triathlon à Saint-Raphaël.

Même si elle ne se souvient pas avoir été victime d’inégalités et de jugements parce que femme, Mathilde se souvient très bien avoir entendu des propos plutôt misogynes classiques du style “les résultats sportifs des femmes sont moins impressionnants que ceux des hommes”, elle remarque également que les médias et même son entourage, avaient tendance à être moins tendre avec les erreurs que pouvaient commettre les femmes par rapport aux hommes. “C’est marrant quand on y pense, car autant maintenant nous aimons mettre en avant les femmes, sûrement grâce à un effet de mode, autant nous adorons les critiquer ou les ridiculiser de façon plus ou moins directe. Nous, les femmes, avons beaucoup moins le droit à l’erreur que les hommes”. Malgré tout, Mathilde est optimiste, car selon elle la place des femmes dans le monde du sport est, en règle générale, en train d’évoluer de façon considérable.

Le conseil de Mathilde pour toutes les jeunes femmes qui souhaitent passer au niveau professionnel ?

“Crois en toi coûte que coûte. Entoure-toi des bonnes personnes, celles qui t’aident et qui ne veulent que ta réussite. Persévère pour n’avoir aucun regret. N’attend rien de personne et tu verras la réussite, comme tu l’imagines, qui pointera le bout de son nez”.

Alexandra Jupiter, joueuse professionnelle de beach-volley

En équipe de France de beach-volley, Alexandra, 30 ans, compte bien ramener la médaille olympique à la France lors des prochains JO. Joueuse professionnelle depuis 6 ans, elle s’estime chanceuse de pouvoir vivre de sa passion pour le beach-volley. C’est émue qu’elle nous raconte sa victoire aux Beach Méditerranéens Games en 2019, lorsqu’elle a remporté, avec son équipe, la médaille d’or. "Ça reste un de mes moments les plus forts en équipe de France”. Impatiente, elle espère se qualifier pour les Jeux Olympiques de cet été… Dans un seul objectif : celui de ramener l’or !

La jeune femme s’estime chanceuse, car elle n’a jamais subi personnellement de réflexions ou d’inégalités du fait d’être une femme dans son milieu. “Ce sport est ma passion mais aussi ma carrière et je n'attends que du professionnalisme et du respect de la part de ceux qui m'entourent. Je suis donc très reconnaissante d'être si bien entourée”, ajoute-t-elle. 

Le conseil d’Alexandra pour toutes les jeunes femmes qui souhaitent passer au niveau professionnel ?

“Sois patiente, crois en toi et malgré la pression que tu peux ressentir, n'oublie pas que le sport est un jeu. Alors amuse-toi ! “

Marion Labussière, coach sportive

En plus d’un CDI de 35 heures dans une salle de sport de la région Dieppoise, Marion propose 5 heures de cours par semaine dans une association et travaille aussi à l'hôpital, où elle donne des cours de sport collectifs aux patients atteints de cancer. “J’ai toujours voulu travailler dans le milieu médical. Alors en plus de mon BPJEPS, j’ai fait une année de formation, un DU Sport & Cancer, 1 week-end par mois, pour pouvoir enseigner la fitness à l'hôpital". Elle adore faire transpirer les gens et progresser ses élèves, dans le cadre de cours bienveillants, idéal pour se recentrer sur soi. Hyperactive de nature, Marion a également monté la section féminine de football américain à Dieppe il y a 2 ans. Aujourd’hui, il y a 18 licenciées, dont 10 jeunes femmes qui s’entraînent toutes les semaines.

Dans le milieu du sport, c’est plus dur de s’intégrer que pour un mec, nous confie la coach. Avant d’ajouter, “la première fois que j’ai fait un entraînement avec des garçons, il y en a un qui m’a dit “je ne comprends pas qu’on se fasse entraîner  par une fille, et en plus qui peut pas enchaîner 3 tractions d'affilée””. Mais d’un naturel optimiste, Marion assure que ce n’est pas le cas de tous les hommes. Elle préfère d’ailleurs se remémorer des souvenirs plus sympas, comme cette fois-là où, dans une salle, elle s’est rendue compte que deux jeunes hommes soulevaient des charges “pas possibles”. Perplexe, elle s’est permise de leur donner des conseils. “Ils ont envoyé des piques sur le ton de la rigolade, mais ils m’ont écouté”. Et c’est toute fière que Marion nous dit qu’un an après, ces deux hommes sont revenus la voir en la remerciant car leurs genoux ne craquaient plus et qu’ils n’avaient plus mal au dos.

Le conseil de Marion pour toutes les jeunes femmes qui souhaitent devenir sportives professionnelles ?

“Il faut qu’elles le fassent, parce que clairement on n’a qu’une vie. Il faut qu’elles soient plus intelligentes que les réflexions hyper machistes. C’est pas parce qu’on est femmes qu’on ne peut pas réussir, au contraire !